Théatre 140
140, avenue Plasky
1030 Bruxelles
02 733 97 08

"Ça fait quatre ans que j’étudie Schopenhauer, je veux être brillant, je veux parler avec Borges devant trois millions de personnes et il me répond avec un mot que je ne comprends pas."
"Est-ce qu’il faut mettre des références culturelles dans tout ce qu’on dit ?!"
"Je préfère que ce soit Goya qui m’empêche de fermer l’œil plutôt que n’importe quel enfoiré."
"Et si Jésus a multiplié les pains et les poissons, nous, avec nos cinq mille putains d’euros, on peut faire des merveilles : aller aux putes, acheter du whisky et un stock de coke avant d’atterrir tous ensemble au Musée du Prado. Pour voir les peintures noires de Goya.
Alors l’aîné me dit: moi, je préfère aller à Disneyland.
Le plus petit met son grain de sel : pour une fois, on va faire confiance à notre vieux, on sait jamais, cette fois c’est peut-être la bonne…"
Rodrigo Garcia
En quoi réside pour nous la différence de ce spectacle avec n’importe quelle lecture de Garcia, autre que celle mise en scène par l’auteur lui-même ? C’est lié à l’incroyable jeunesse organique de ce complot théâtral où deux comédiens français, saisis de bonheur par la trivialité poétique de ces deux pamphlets incroyables, en jettent la gymnastique sur scène, l’un dans notre langue, l’autre dans l’espagnol de l’auteur (surtitré) ce qui distancie savoureusement le discours. Après Jardinage humain où la Compagnie Interlude avait fait le choix de l’oratorio, émouvant au plus haut point, la Compagnie Akté (dont acte) traduit pour nous le pied de nez de Garcia à la culture politiquement correcte. Oui, lire et aimer Borges, oui découvrir l’œuvre de Goya mais pas en bons élèves appliqués à qui l’on a dit ce qu’il fallait en penser. Une sorte de fâcherie de luxe où l’argent est maltraité et l’art comparé à Disneyland par les propres enfants de l’auteur (sic). En effet, leur copain subsiste grâce à son uniforme de Pluto pour tourisme enfantin. Du Musée du Prado à Marne-la-Vallée, nous, on a craqué à cette rafale de séduction dérangeante déployée sans une once de démagogie. On a besoin d’être un peu bousculé.
Jo Dekmine
Ni Borges ni Goya ne sont les héros de ces pièces. Sur un même plateau, la rencontre de deux comédiens, deux monologues entrecroisés. La parole de deux hommes aux prises avec leur époque et leurs obsessions : pour l’un, celle de claquer 5000 euros d’économies et d’entrer par effraction au Musée du Prado, avec une bouteille de whisky, pour faire découvrir à ses fils les peintures noires de Goya. Pour l’autre, celle de faire exploser à Genève, la tombe de Borges, auteur dont il admire l’œuvre autant qu’il méprise le manque d’engagement politique.
"(…) la mise en scène d’Arnauld Troalic témoigne d’une audace, d’une vitalité qui renouvelle l’approche de l’œuvre de Garcia. Deux textes pour un seul diptyque, deux acteurs pour deux personnages qui, parfois, se confondent pour n’en faire qu’un, tel est le défi relevé haut la main par le metteur en scène (…). Il faut saluer la rigueur et l’incandescence de la mise en scène, sa mécanique d’une rare précision, la fougue et l’énergie des deux acteurs dont le jeu aérien imprime un rythme effréné et maîtrisé de bout en bout à la pièce." Marie-José Sirach_L’Humanité
"D’un côté comme de l’autre, les comédiens s’amusent avec les langues, les mots, et se livrent à d’étonnantes prouesses acrobatiques. Un beau travail de mise en scène, d’acteurs, et de technique !" Martine Silber_Le Monde
Extraits du spectacle disponibles sur le site internet de la compagnie.
Textes: Rodrigo Garcia - Mise en scène: Arnaud Troalic - Interprètes: Julien Flament et Arnaud Troalic - Collaboration artistique: Anne-Sophie Pauchet - Scénographie: Pascale Mandonnet et madame Twill - Construction et réalisation: Joëlle Cornet et Evelyne Villaime - Vidéo: Vincent Bosc - Dramaturgie: Florence Gamblin - Création sonore: Etienne Cuppens - Lumières: Philippe Ferbourg
Crédits photographiques : libre de droits © Olivier Roche
Par téléphone : 02 733 97 08 les jours ouvrables et les samedis de représentation de 12h à 18h.
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